Je ne savais pas que c’était impossible, alors je l’ai fait

Cette année est passée à toute vitesse, même si à certaines périodes, le temps a paru s’allonger…

Je vous annonçais en octobre que j’avais repris les études pour préparer le concours de recrutement de professeur des écoles. Je me suis inscrite avec l’envie de réussir, mais peu d’espoir d’y parvenir tout de suite. Ce concours est réputé très difficile, surtout dans mon académie, et il y avait 17 places pour la 3ème voie, autant dire que ça freinait mon optimisme, mis à mal par l’image que j’avais de moi-même. J’avais imaginé vous faire partager l’aventure, mais vous allez comprendre pourquoi je n’ai pas pu…

Après l’euphorie de départ, le plaisir retrouvé d’apprendre (ça a duré une paire de semaines) il y a eu le brusque retour à la réalité. Une trentaine d’heures de cours hebdomadaire, le travail personnel et régulier à fournir avec des « dst » toutes les 6 semaines, des oraux blancs, des dossiers à faire. Deux enfants à gérer entre famille, cantine et garderie. Deux enfants qui ont passé l’année à me reprocher mon absence soudaine (j’étais à la maison depuis la naissance de l’aînée). Un conjoint qui a de son côté aussi eu une année mouvementée et difficile, un conjoint qui comme mes enfants avait du mal avec mon manque de disponibilité. La maison enfin, rangement, ménage et linge qui m’occupait déjà bien du temps où je ne faisais que ça.

crpe

Je suis arrivée à mon premier stage en novembre épuisée et découragée, persuadée que j’avais visé trop haut. Je me demandais si tous les sacrifices que j’imposais à ma famille, mon couple mis à mal par ce rythme de fou, seraient un jour justifiés.

Puis, je me suis retrouvée devant 27 gamins, présentée comme une deuxième maitresse. C’était à la fois flippant et génial. Les deux premiers jours, j’ai observé, prenant parfois l’initiative de répondre à un doigt levé pour aider un élève. Ensuite, j’ai été jetée dans le grand bain. L’enseignante qui m’accueillait m’a présenté l’emploi du temps en me demandant ce que je me sentais de prendre en charge. J’ai ainsi pris en charge 9 séances pendant le reste de mon stage: ateliers d’écriture, conjugaison, géographie, sciences, arts visuels… J’ai préparé mes cours jusqu’à des heures tardives, avec passion. La première fois que j’ai « fait classe », j’ai commencé en ayant l’impression qu’ils allaient me manger toute crue, c’est très impressionnant 27 paires d’yeux qui vous regardent, sans compter leur maitresse qui observait discrètement… au fur et à mesure je me suis détendue, jusqu’à en oublier la présence de l’œil professionnel au fond de classe. J’étais très émue le dernier jour, après avoir fait semblant toute la journée de ne pas voir le dessin qui disparait subitement sous le cahier, lorsqu’ils m’ont offert leurs dessins pleins de mots adorables…

Je suis partie reboostée. A la reprise en janvier, l’emploi du temps s’est allégé, de mon côté j’ai lâché prise aussi. Moins de ménage, des soirées pour la famille, plus de disponibilité.

Est arrivé, très vite, avril et le concours. Juste après les vacances pour moi, ce qui m’a permis d’avoir deux semaines de révision. J’ai eu l’impression qu’elles duraient deux mois. Mes enfants ont été gardés par leurs grand-parents et par leur père qui avait posé une semaine de congé. Tout le monde partait chaque matin, me laissant seule devant une longue journée, que je remplissais d’exercices de maths et de lecture de cours…

Le concours enfin, les écrits qui se passent bien, mais comme ça reste un concours, on se dit que les autres ont peut-être encore mieux réussi, et puis il n’y a que 17 places et 442 inscrits… (102 seulement se sont finalement présentés aux écrits). Les 3 semaines entre les écrits et les résultats passent lentement, mais j’ai encore cours, ça fait passer le temps.

Le résultat tombe: admissible à l’oral. Je suis dans les 34 retenus.

C’est un peu la panique, je n’y croyais pas vraiment que j’allais aller à l’oral, je n’ai pas encore révisé pour  mes oraux, mon dossier n’est pas terminé… J’ai 10 jours avant la première épreuve, 10 jours où je lis des cours, des bo, j’essaye de retenir des situations d’apprentissage en eps, je me bourre le crâne jusqu’à ce que je ne retienne plus rien, mais je n’arrête pas de lire, lire, lire, au cas où ça me revienne le moment venu.

Ce premier oral se passe plutôt bien, même si je n’ai pas l’impression d’avoir brillé dans la partie eps, je sors assez contente de moi. Encore une semaine avant le deuxième oral, même technique: lire, lire, lire… et le dernier jour s’entrainer avec le chronomètre. Je panique un peu parce que je reste à 25 minutes, il faut en faire 20 maxi. J’y arriverai enfin dans la cage d’escalier du centre d’examen où je continue à m’entrainer en attendant mon tour…

14 jours à attendre avant les vrais résultats.

C’est long.

Mais pas aussi long que les dernières 24 heures.

Enfin, avec 2 heures d’avance, je vois apparaitre sur tête de bouc la phrase: « ça y est, ils sont en ligne ».

Revenir sur le bon onglet, actualiser. Cliquer sur le lien de mon concours, puis sur admis. Survoler rapidement les 17 noms qui s’affichent. Trouver le mien. Sentir mes larmes qui coulent sur mes joues. Relire 10 fois mon nom sur l’écran, c’est bien moi, avec tous mes prénoms… Me dire que j’abuse de pleurer, je n’ai même pas pleuré à la naissance de mes enfants… Attraper le téléphone, appeler l’homme, pleurer en lui disant que c’est bon, répéter parce que du coup il n’a pas entendu:

« Je suis admise, je suis admise… »

Vous avez un rêve? faites en une réalité, car « A cœur vaillant, rien d’impossible »!

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12 commentaires pour Je ne savais pas que c’était impossible, alors je l’ai fait

  1. Mélanie dit :

    J’aurais pu écrire le même billet si j’avais un blog ❤ Avec la même conclusion, les mêmes reproches, les mêmes scènes… On arrivera au bout de notre rêve ma belle. Car comme tu dis » à Coeur vaillant rien d’impossible ». Il y a toujours en nous ce quelque chose qui fait que l’on est toujours plus fort chaque fois. Longue route de la réussite à toi 😘

  2. Astrid dit :

    ❤ ❤ ❤ Félicitations, tu le mérites !

  3. geraldinegautier dit :

    félicitations…j’ai mis cette phrase au travail pour les enfants « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait » de Mark Twain..superbe

  4. liyustyle dit :

    Bravo!

  5. Valérie de WonderMômes dit :

    Toutes mes félicitations !

  6. Okita dit :

    Félicitations !Bon courage pour la suite !

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