Dommages collatéraux

 Ce soir, histoire, câlin-bisous, petits mots doux de bonne nuit. J’éteins la lumière, et j’entends : « et toi, ça va maman ? ». Je reviens m’assoir sur son lit, je lui demande pourquoi elle me demande ça, si c’est à cause de ce que je me suis fait au pied ? Ce qu’elle a ressenti, si elle a eu peur… et au bout d’un moment : « -ça m’a fait du souci.

–          tu étais inquiète ?

–          Oui.

–          qu’est-ce que tu craignais ?

–          que tu partes… que tu partes chez papi et mamie.

–          mais pourquoi j’irai chez papi et mamie ? À cause de ma brûlure au pied ? Tu avais peur que je parte ? À l’hôpital par exemple ?

–          Oui… que tu partes et que tu reviennes plus jamais, qu’on te voit plus jamais.

–          tu as eu peur que je m’en aille ? Ou tu as cru que je pouvais mourir ?

–          (toute petite voix) Oui, j’ai cru que tu pouvais mourir… »

Là, je l’ai rassurée sur le fait qu’en aucun cas j’aurais pu mourir pour ça. Que c’était un gros bobo, que j’avais très mal, et que ça m’avait fait du bien de pleurer, mais que ce n’était pas grave, juste quelques jours pas marrant, que déjà j’allais beaucoup, beaucoup, mieux. Et là elle ajoute :

« Mais pourquoi les adultes ils pleurent comme les enfants quand ils se font mal ?

(Je savais que j’avais perdu mon aura Wonder maman dans cette histoire…)

–          Bah parce que ça fait mal ? tu voudrais qu’on fasse quoi ?

–          Que tu te soignes, et puis voilà…

–          Ton papa m’a soigné… mais j’avais quand même mal, c’est pour ça que je pleurais, on pleure quand on a très mal, même quand on est un adulte.

–          (après un silence) Puis c’est pas grave si tu meurs (bah voyons), papa il me lira quand même des histoires, et il lira aussi des histoires à roudoudou, hein…

–          (gloups) Bon d’abord, je ne vais pas m’en aller, et à priori, je n’ai pas l’intention de mourir avant très, très longtemps, mais oui, tu as raison. S’il devait m’arriver quelque chose, ton papa serait là, et il s’occuperait bien de toi. Par contre, je ne sais pas s’il sait lire des histoires ? Sinon, il te fera des guiliguilis…

Ce que bien sûr, je m’empresse de lui faire, avant de lui refaire un gros bisou, et de la laisser s’endormir… rassurée ?

Des fois, on croit qu’on a laissé suffisamment de place au dialogue pour que tout sorte, puis en fait non. Il faut rester attentif aux appels qu’ils lancent, là, en me demandant si j’allais bien.

 

 

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