Accident domestique à la con, ou comment traumatiser ses gosses…

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Il y a deux jours j’ai testé pour vous, l’accident domestique à la con. Si. Il y a des choses que l’on sait dangereuses, on le répète aux enfants : « attention, le four est chaud ! La cheminée aussi ! ».  Dans la rue on leur tient la main en les faisant marcher côté mur et pas côté route, on met des barrières aux escaliers, et on tourne les queues de casserole vers l’intérieur pour ne pas qu’ils les attrapent.

Mercredi soir donc, environ 19h, je me dirige vers la cuisine pour égoutter les pates du repas des enfants. J’attrape la passoire dans une main et la casserole dans l’autre, je me dirige vers l’évier… et je me prends les pieds dans le tapis, une vague d’eau brulante tombe de la casserole sur mon pied, et c’est le drame. En quelques secondes, je me retrouve à jeter la casserole dans l’évier (sans la renverser !), me dire que putain, ça fait mal, c’est chaud, je pense à enlever ma chaussette et cours dans la salle de bain. Je mets le pied dans le lavabo, j’ouvre l’eau froide, je laisse couler. Les premières secondes sont douloureuses, mais le froid engourdi mon pied. 10 minutes plus tard, je tente de stopper l’eau une première fois, purée, ça pique !!! Je rallume l’eau. Je commence à pleurer, je sais que quand je vais enlever le jet d’eau froide je vais avoir un mal de chien !

Je fais couler l’eau sur ma cheville pour ne pas la faire tomber directement à l’endroit où j’ai mal. Mon homme vient constater les dégâts je me mets à sangloter, je tremble. Il appelle le 15, histoire qu’on sache quoi faire. Pendant ce temps, je continue à faire couler l’eau doucement, mais quand il revient, je ne supporte plus l’eau froide et recoupe. Le médecin du SAMU lui a dit qu’il fallait que je laisse mon pied sous l’eau froide autant que je le supportais, puis comme je n’ai pas de cloques, de mettre une couche épaisse de Biafine et si je le supporte une bande lâche.

On redescend au salon, l’eau froide a engourdi un peu la douleur, alors on met Biafine et bande. Très vite, la douleur revient, incroyable, je gémis et je sanglote, je répète « putain, ce n’est pas possible, j’ai mal, j’ai trop mal, fais quelque chose, ça fait mal… ». Mon homme me dit qu’il faut que je mette mon pied en l’air, me donne un antidouleur, m’informe qu’on va alterner ibuprofène et paracétamol toutes les 3 heures. Tout à coup, je réalise la présence des enfants, leurs grands yeux ouverts, et moi, qui chouinasse à gros sanglot, les yeux gonflés et le nez qui dégouline…

J’essaye l’hyperventilation pour m’extraire de la douleur suffisamment pour les rassurer. Je leur explique en pleurnichant que je pleure parce que j’ai mal. Je pleure très fort, parce que j’ai très mal. Eux aussi ils pleurent quand ils ont mal. C’est normal. Je me suis fait mal, parce que je me suis renversé une casserole d’eau très, très chaude sur le pied. Que d’ailleurs c’est pour éviter ça que je ne veux pas qu’ils s’approchent de la gazinière quand quelque chose cuit. Que je me suis brulé le pied, que c’est très douloureux pour le moment, mais que dans quelques jours ça irait mieux, parce que leur papa me soignait bien, que ça n’était pas grave, juste pas rigolo du tout.

Bien sûr, rapidement, je ne gère plus rien, et j’ai beau essayé des techniques apprises pour apprivoiser la douleur lors de l’accouchement, faut bien admettre que c’est beaucoup moins efficace dans le cas présent. Je me laisse submerger par une nouvelle crise de larmes, je laisse couler, ça fait du bien de pleurer… Au bout d’un moment, le médoc  fait un peu effet, et je suggère à mon homme de les coucher.

 Je plaque un sourire tremblotant sur mes lèvres : « regardez comme je vais déjà beaucoup mieux ! Vous avez vu ? C’est incroyable ! Par contre mon chéri, non, tu ne viens pas sur mes genoux, NON, tu-ne-touche-pas-mon-pied !!! Mais sinon, je vais bien, allez, au lit, c’est papa qui vous couche, bisou, à demain. »

2 minutes après, ma fille redescend avec un de ses doudous, elle me le donne « pour me donner du courage ». Je la trouve si touchante ma puce qui se sent impuissante face à ma douleur et qui me prête un doudou… je me sens si nulle de lui infliger ça ! J’ai bien conscience que je n’ai pas le choix, que la douleur est très vive et que je ne peux pas leur cacher. Maman est vulnérable, maman souffre, elle pleure aussi… je lui fais un gros câlin plein de mots d’amours, et je la renvoi se coucher.

Mais mon fils pleure depuis qu’il est couché, il m’appelle. Je prends sur moi et je monte. Je lui demande s’il a eu peur de me voir pleurer aussi fort ? Il me répond que oui, je lui rappelle la fois où on est allé à l’hôpital pour le faire recoudre, où il avait pleuré très fort, parce qu’il avait très mal. Il se souvient. Il se souvient aussi que ça a été très vite qu’un mauvais souvenir. Il sourit et se détend. Je lui chante sa chanson, ferme la porte, redescend.

Depuis, j’attends que ça passe. Je fais les soins qu’il faut, et je serre les dents. Heureusement pour moi, mon homme est en vacances, sinon, en plus d’être douloureux, ça aurait été galère.

 

Soyez prudents, parce que bordel, ça fait mal ! VIGILANCE CONSTANTE !

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