Si je devais, mourir demaiiiiin…

Demain, c’est la fin du monde. C’est aussi les vacances de Noël. Et le spectacle de ma fille. D’ailleurs j’espère que les organisateurs de l’apocalypse n’ont pas prévu le grand cataclysme avant 19h, que je puisse encore connaitre le bonheur suprême et incomparable de voir ma fille dans ses plus beaux atours, entonner pleine d’entrain et de fierté de mirifiques chants de noyel. Que je puisse une dernière fois, au comble de l’émotion sortir mon caméscope pour graver dans la mémoire numérique familiale cet instant sacré. Ce moment de grâce où je pourrai l’entendre entonner  à plein poumon, d’une voix dont timbre disons original, n’a d’égal que le cœur qu’elle met à l’ouvrage.

J’aimerai une dernière fois, voir le rire éclater sur le visage de mon fils, entendre sa petite voix qui fait vibrer mon cœur. Voir sa fierté quand il réussit enfin une nouvelle chose. M’émerveiller de ce qu’il est. Me dire qu’il est beau, que c’est mon fils. Lui faire un gros câlin, des bisous qui chatouillent, la petite bête qui monte, qui monte et guili-guili-guili… Le voir rire de toutes ses dents si mignonnes, se tortiller pour m’échapper et s’enfuir à quatre-pattes tout en se retournant pour s’assurer que je le suis bien.

J’aimerai encore une fois, leur lire leur histoire du soir, chacun blotti contre moi. Sentir l’odeur de leurs cheveux, la chaleur de leurs joues sur mon bras, pendant que je m’amuse à bien mettre le ton, à faire la petite voix de petit ours et la grosse voix de papa ours. A commenter les images, à les captiver. J’aimerai à nouveau leur faire le câlin du soir, avec la petite lampe et les mots doux pour accompagner la nuit.

J’aimerai une dernière fois voir mon fils me mimer un bisou et me tendre les bras en me réclamant « âlin maman ». Sentir ses petits bras serrés forts autour de mon cou, et ses bisous pleuvoir sur ma joue.  L’entendre dire « taim bohuiiii maman ». Lui chuchoter que le l’aime aussi, lui demander pourquoi il doit garder sa couverture ? Qu’il me répondre « pou pas awoir fwoi ».

J’aimerai encore une fois, serrer ma fille dans mes bras après l’avoir coucher. Lui faire un bisou sur une joue, puis sur l’autre pour pas qu’elle soit jalouse, un bisou de nez parce que c’est rigolo, un bisou sur le front, pour faire de jolis rêves, et un bisou dans le cou, parce que c’est les plus doux… La voir se tortiller pour éviter le dernier qui chatouille. Lui dire que je l’aime jusqu’au plafond des étoiles, et retour. Qu’elle est belle et merveilleuse, et encore que je l’aime, fort, très fort, tellement fort… Sortir de la chambre, l’entendre me dire, « pas comme ça la porte ». Négocier avec elle le degré d’ouverture, l’entendre me rappeler qu’il ne faut pas que j’éteigne la lumière du couloir. Commencer à descendre, l’entendre me rappeler pour « mamaaaaaan, câlin-bisou ! ». Remonter.

Finalement, si le monde devait vraiment disparaitre demain, je voudrais encore une fois gouter à l’essentiel : partager des moments de bonheur avec mes enfants, et l’homme que j’aime. En fait, je ferai comme d’habitude. Peut-être avec un peu plus d’intensité ? Et si c’était la leçon à tirer de toute cette énergie perdue à cause du calendrier d’une civilisation disparue à l’autre bout du monde ? Vivre avec plus d’intensité ? Sa-vou-rer ?

 

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