Ambivalence

 

 

 

ange démon

 

Parfois, quand je les vois se disputer un jouet, se mordre, se tirer les cheveux, se taper ;  Quand ils crient et qu’on ne s’entend plus ; Quand ils courent en faisant le tour du salon en hurlant ; quand ils m’escaladent et que ma bulle explose ; quand je vais aux toilettes et qu’ils ouvrent la porte (oh bonheur suprême de la maternité) quand ils n’écoutent rien et qu’il faut répéter dix fois, puis punir ; quand ils me poussent à bout et que je me sens si mauvaise mère, parfois, je repense avec nostalgie à ma vie d’avant. Avant eux.

Au temps pas si lointain où je ne devais me soucier que de moi. Où je pouvais passer une heure dans la salle de bain, me lever à midi, me coucher au milieu de la nuit sans craindre l’heure fatale de leur réveil, et  les cernes qui se creusent. Où je dévalisais les boutiques de fringues au gré de mes envies. Où je rentrais dans tout sans avoir besoin d’essayer. Où je pouvais regarder la télé sans me demander si le programme convient. Où je dévorais des livres jusqu’à pas d’heure. Et où je faisais la crêpe sur la plage tout en fermant les yeux.

Aujourd’hui j’ai deux petits. Deux petites pousses qu’il faut arroser d’amour et de bienveillance, pour qu’ils s’épanouissent comme des fleurs au soleil. Aujourd’hui, je suis soumise à la loi qui dit que « tout orteil plongé dans la baignoire, appel les cris de bébé » (merci tonton pour cette maxime). Aujourd’hui, je prends des douches, et ça fait bien longtemps que je ne me lève plus à midi. Quand je fais la fête je mets une semaine à m’en remettre, et je cours tous les matins parce que la moindre minute de sommeil m’est précieuse et que je n’arrive à me résoudre avancer l’heure du réveil. Les boutiques de fringues que je dévalise sont plutôt l’âne vert, petit navire, ou consort. Quand je m’habille je passe par la cabine d’essayage, je ne sais jamais trop qu’elle taille je fais, je ne sais plus trop quel forme me va. Le soir, on regarde plus Gulli, et moins les infos. Aujourd’hui,  je lis des histoires le soir ou si je lis pour moi c’est surtout  dans les chiottes  toilettes ; et quand je vais à la plage si je m’allonge sur ma serviette, je suis recouverte de sable en deux minutes.

Mais quand au réveil ils appellent  le prénom de l’autre ; Quand leur visage s’illumine quand ils se retrouvent ; Quand au petit matin ils s’installent sur le canapé pour se faire un câlin ; quand la grande raconte des histoires au petit ; quand il la regarde avec admiration « ma grande sœur, mon modèle » ; quand ils jouent ensemble et qu’on ne les entend plus…  je les regarde, et mon cœur fond de fierté et d’amour. Mes enfants. Ma famille.

Quand ils font de gros câlins en serrant fort leurs bras autour de nous ; quand ils cachent leurs nez dans notre cou ; quand mon fils me dit son premier « taim » ; quand je regarde ma fille et que je vois à quel point elle est grande –déjà !- à quel point elle est elle, et à quel point je la trouve merveilleuse ; Quand ils glissent leur petite main dans la mienne et me dédient leur plus beau sourire, je voudrais que le temps s’arrête, que cette joie dure toujours. Quand je les regarde jouer et rire, quand je les regarde dormir… je me dis que quand même, ça ressemble drôlement au bonheur.

 

 

 

 

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